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Rencontre nationale pour un projet alimentaire territorial à Paris

Jeudi 26 Avril

A l'invitation du Réseau National des projets alimentaires territoriaux (PAT) le pays s'est rendu à Paris le 26 avril au siège de l'assemblée permanente des chambres d'agriculture pour présenter la démarche « se nourrir lorsqu'on est pauvre » lancée il y a 18 mois par ATD quart monde sur notre territoire.
 
Accessibilité sociale et santé dans les projets alimentaires territoriaux

Alors que les PAT se construisent principalement autour des questions économiques liées au développement des circuits courts en agriculture, ce séminaire qui réunissait des techniciens et élus de collectivités territoriales, des universitaires et représentants des services de l'Etat et du monde agricole, avait pour objet de partager les avancées sur les territoires d'autres dimensions tout aussi essentielles : l'accès du plus grand nombre aux productions locales et plus généralement à une alimentation de qualité autrement dit à l'accessibilité sociale et les enjeux liés à la santé.

Alors que nous ne sommes qu'aux prémices du projet alimentaire sur TDL, la communauté d'agglomération du Douaisis a parcouru,  quant à elle, un long chemin depuis 10 ans et figure de précurseur.
Sur ce territoire de 156 000 habitants des Hauts de France, les acteurs du projet alimentaire, collectivités en tête, ont mis l'accent sur la santé. Une orientation qui nous intéresse particulièrement au moment où le TDL s'apprête à mettre en oeuvre deux contrats locaux de santé.

Une concertation de grande ampleur a mobilisé 350 personnes dans le cadre de 17 ateliers. Un travail de fond est conduit auprès des scolaires et des équipes éducatives mobilisées pour construire des programmes pédagogiques adaptés. Des projets pilotes sont régulièrement mis en avant visant notamment à renforcer le lien entre alimentation durable et agriculture durable (programmes visant la diminution des apports en azote, programme Biocad…). Un soin particulier est apporté à la communication, élément essentiel de la démarche pour valoriser les initiatives positives et encourager les acteurs.

Bien que moins avancée, la démarche « se nourrir lorsqu'on est pauvre » engagée sur notre territoire a suscité un grand intérêt. D'abord initiée sur le toulois et en développement depuis peu sur Neuves Maisons, elle explore les solutions pour rapprocher les personnes à faibles revenus d'une alimentation saine, des productions locales en particulier.
C'est dans ce cadre qu'une action d'achat groupé avait permis le 14 décembre à Toul de passer  une commande de près de 2 tonnes  par 100 familles à un maraicher local. La méthode est essentielle. Les personnes en précarité jouent un rôle actif dans le projet. Elles participent à tous les rendez-vous et réunions importantes. Cette nouvelle façon de faire interpelle et bouscule les habitudes de travail mais répond à une attente des professionnels de l'action sociale qui y voient une manière de renforcer l'autonomie des personnes ou des producteurs qui peuvent entrevoir de nouveaux débouchés pour une partie de leur production, les invendus en particulier. Ce fut un temps  fort et un enseignement de la journée :  si les agriculteurs préfèrent donner que jeter leurs invendus, ils aiment mieux encore vendre le fruit de leur travail, fusse à prix plus bas, que donner.
 
Alors que très peu d'études sur l'alimentation des plus personnes pauvres en milieu rural existent, le laboratoire de l'université de Lyon 2 s'y attèle. Ses études de terrain notamment dans le pays de Bourg en Bresse permettent déconstruire de nombreuses représentations erronées sur l'alimentation des plus pauvres à la campagne.  Claire Delfosse responsable du programme de recherche note qu'il n'est pas forcément plus facile d'accéder aux productions locales à la campagne ou de répondre à ses besoins alimentaires en cultivant son propre lopin de terre. Même s'il faut se garder de généraliser, le rural étant lui-même fait de diverses réalités,  l'acceptation sociale semble être plus compliquée à la campagne où l'aide sociale n'est pas toujours bien perçue et où la valeur travail reste forte. Il est ainsi souvent plus difficile pour les habitants concernés de fréquenter les structures de l'aide alimentaire.  Une motivation supplémentaire, s'il en était besoin,  de poursuivre le chantier engagé sur Terres de Lorraine sur ce sujet complexe et sensible.
 










Informations
Benoit GUERARD
03 83 47 61 48
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